Peut-on être contre les Alpes ? (07/98)
« L’Etat de droit » peut donc avoir des charmes insoupçonnés ; charmes un peu trop pervers cependant pour être vraiment du goût de ceux à qui importe seulement la bonne gestion de leur commune
Les règlements inapplicables, les observations des sergents Garcia qui se prennent pour Zorro, les oukazes des commissions laissent les Maires plutôt dans un état où alternent syndrome de stupeur et pulsions homicides.
La dernière bonne histoire nous vient de Trigance dont le Maire, Bernard Clap, a entrepris de regrouper au cœur du village dans un même bâtiment, l’agence postale trop exiguë et excentrée, et un local artisanal, indispensable au développement du village. Logique certes mais voilà, si la commission de sécurité a émis un avis favorable, la commission d'accessibilité aux handicapés est allée en sens inverse. L’objection ne porte pas sur l’accès immédiat au bâtiment mais sur la voie reliant le parking au bâtiment et qui présente sur quelques mètres une pente égale à 17 %. Comme l’écrit notre collègue au Préfet auquel il a présenté une demande de dérogation : « la configuration du village bâti à flanc de colline, dont le dénivelé est de 200m, fait que, bien évidemment, à aucun endroit on peut satisfaire à la règle des 5 %. Est-ce à dire qu’il faut raser le village pour le reconstruire dans la plaine inondable ? » « Peut-on être contre les Alpes ? » disent les Suisses, entendant par là qu’existent des réalités contre lesquelles on ne peut rien et dont il convient de s’accommoder. Mais les Helvètes sont comme on sait peuple à l’esprit lent. Pour des esprits vifs comme les nôtres, les montagnes et les villages non réglementaires doivent être rasés. |